En route pour l’inconnu ! La période de familiarisation

Chers grands explorateurs, bonjour !

À peine venu au monde, bébé est plongé dans l’inconnu… C’est la découverte de son environnement, de ses parents ; ce sont des stimuli sans fin qui lui parviennent… Chaque jour, des nouveautés qu’il lui faut traiter, comprendre, apprivoiser… mais aussi des repères qui progressivement se mettent en place…

Oui mais voilà, l’heure est venue pour les parents de repartir au travail : une heure qui résonne pour le bébé avec l’entrée dans un nouveau monde, celui de l’accueil.

Que ce soit en crèche comme chez une assistante maternelle, cette étape est loin d’être anodine… C’est une période stressante pour TOUS les bébés, avec une montée de cortisol (la fameuse hormone dite du stress) à la clef.  Maintes recherches le démontrent.

De même nous savons depuis bien longtemps – et pourrions en la matière citer une étude du célèbre pédiatre américain Thomas Berry Brazelton (1981) – qu’à 1 mois déjà, les tout-petits savent très bien différencier les personnes, les familières des inconnues… avec des comportements distincts en résultant. Donc aucun doute qu’il percevra bien l’arrivée de ces personnes étrangères dans sa vie quotidienne !

D’où l’importance que cette première rencontre, ces premières journées (et au-delà) soient pensées, repensées à l’aube de tous les enjeux qu’elles représentent…

Aujourd’hui, c’est Candelaria de Tomaso, auxiliaire de puériculture, qui nous plonge dans sa façon bien à elle de penser ce temps : une version en mode Petit Prince, nourrie d’apports scientifiques et d’expériences du terrain qui ne peut que nous inspirer de par sa richesse…


Adaptation ? Familiarisation ? D’abord une réponse !

Le terme choisi pour cette période d’entrée dans le monde de l’accueil par un tout-petit varie selon les structures, les individus, les régions, les pays, etc. C’est que, et sans en débattre ici directement et trop en détails, le mot d’adaptation, un des plus usités, prête à confusion : qui doit s’adapter ? Le bébé ? Ses parents ? Les professionnel(le)s ? Tout le monde ? Et si c’est bien le tout-petit… comment concilier cela avec le fait que nous cherchons et devons nous ajuster toujours et d’abord au bébé ?

Nous vous laissons réfléchir à cette question. En effet, en-deçà de ce débat, ce qui compte est que cette période bien particulière est d’abord celle de réponses. Réponses à quoi ? Aux besoins du bébé pardi !

En nous faisant relire le chapitre 21 du Petit Prince de Saint Exupéry, Candelaria de Tomaso nous propose ainsi tout un cheminement pour nous permettre de prendre conscience de notre responsabilité plurielle lors de ces premiers jours d’accueil… voire tout au long de l’année d’ailleurs !

Un temps précieux, face à des besoins essentiels…

1. « Bonjour dit le renard ! » Ou l’art de se présenter…

… et de prendre tant le temps que les formes pour ce faire ! Nous, professionnel(le)s, sommes des étrangers pour le bébé comme pour ses parents. Alors, comme tel, il ne s’agit pas de s’imposer et encore moins de le faire anonymement, mais de donner tout son sens à la première rencontre. Rencontrer, c’est reconnaître l’autre, l’identifier mais aussi lui donner une place, une vraie place. Pourquoi pas une petite chanson inventée s’adressant à chaque bébé, comme autant de manières de lui dire « Bonjour TOI ! » ?


2.« Je ne suis pas apprivoisé » ou le besoin de confiance…

3. « Qu’est-ce que c’est apprivoiser ? » ou le besoin d’apprivoiser

4. « Ça signifie créer des liens »… ou le besoin d’attachement

Et oui, la confiance se mérite ! Elle prend du temps à se construire mais prend tout son sens. Par la création de liens d’attachement sécures, c’est le quotidien du bébé qui s’épanouit, c’est sa mission de petit explorateur du monde qui est rendue non seulement possible mais aussi plaisante ! C’est pour ce tout-petit qui, sans sa mère ou son père pour l’apaiser lors du premier jour de séparation, devra trouver ce havre de sécurité apaisant son stress… Entrer en structure d’accueil, c’est aussi apprendre à se séparer… Et accompagner un bébé sur ce chemin, c’est trouver la juste présence qui le rassurera et le portera dans son autonomie… Donner tout son sens à l’accueil du jeune enfant, c’est acter de tous ces aspects, non seulement y veiller mais agir en fonction.


5. « Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petit garçon. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus ».  ou le besoin de nous…                  

6. « …si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre… Tu seras pour moi unique » ou le besoin d’unicité

7. « Je veux bien mais je n’ai pas beaucoup de temps… » ou le besoin de temps

Répondre au tout-petit, à chaque tout-petit, dans sa richesse et sa spécificité propres… Mission parfois (souvent) complexe dans la collectivité ! Les chiffres officiels en crèche – typiquement le « un professionnel pour x bébés » – sont une chose, la réalité du terrain en est une autre ! Et pourtant, pour créer précisément ce lien de confiance et d’attachement, la disponibilité n’est pas un vain mot… Disponibilité physique bien sûr mais aussi émotionnelle et temporelle. La particularité de chaque bébé, nous la connaissons, mais bien différent est le sentiment que celui-ci pourra développer de se sentir tel à nos yeux !


8. « Tu t’asseoiras d’abord un peu loin de moi. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus ». ou le besoin d’imitation

9. « Il eût mieux valu revenir à la même heure. » ou le besoin de repères

10. Et quand l’heure du départ fut proche : « Ah dit le renard… je pleurerai ». ou le besoin de séparation

Qui dit temps… dit aussi patience ! Faire connaissance est important, mais laisser le temps au tout-petit comme respecter son espace l’est encore davantage ! On ne se familiarise pas en un jour… De même, on ne peut pas forcer les choses : toutes paroles, aussi bienveillantes soient-elles, ne peuvent suffire à apprivoiser le bébé. Alors des regards, de vrais regards, une présence ni fuyante, ni écrasante… Créer des liens… pourquoi ne pas en la matière s’inspirer des travaux d’Andrew Meltzoff ou de Jacqueline Nadel sur l’imitation pour y cerner une voie de connexion… ? Mais aussi mieux cerner le besoin de repères du tout-petit : voir ce qui peut jouer, voir ce que nous pouvons changer dans nos pratiques afin de lui offrir la stabilité et continuité qui participeront à sa familiarisation. Mais cette stabilité ne doit jamais être enfermement… L’attachement porte l’exploration, le détachement… le matin d’accueil porte le départ du soir… la troisième année, le départ à l’école. Apprivoiser, c’est aussi laisser le tout-petit libre…


11. « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux » ou le besoin d’observation

12. « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. » ou le besoin de personnes responsables…

Le tout-petit a besoin de se familiariser avec lieu et personnes. Mais il doit savoir qu’il peut compter sur nous, adultes. Pour qu’il puisse ressentir profondément cela, encore faut-il être capable de le voir tel qu’il est, non d’être « juste » vigilant mais de l’observer pour le comprendre et l’accompagner. Telle est la différence entre une rencontre superficielle et une rencontre authentique. Comprendre le bébé, ces bébés toujours uniques, savoir leur répondre de manière toujours ajustée…

Alors, adaptation, familiarisation, premier accueil… mais surtout RÉPONSES À CHAQUE BÉBÉ, à ses besoins si fondamentaux… comme d’ailleurs à chaque parent… ce sur quoi nous reviendrons lors d’une prochaine rencontre !

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