Faire confiance à nos p’tits explorateurs !

Chères actrices, Chers acteurs de la petite enfance : bonjour !

Dans ce nouveau rendez-vous « Libre exploration éducative », nous allons nous attaquer à un concept essentiel : la CONFIANCE.

Faire confiance, accorder sa confiance…, une nécessité aussi mais qui, pour autant, n’est pas évidente, ou, du moins, moins évidente qu’elle n’y paraît.

C’est aujourd’hui Stéphanie Lépy, assistante maternelle, qui nous confronte bien concrètement à la question.


Faire confiance… une évidence ? (ou pas !)

Commençons avec quelques scenarii ordinaires de la vie ordinaire :

 «  Je recolle les gommettes… elles ne sont pas tout à fait alignées…. »

«  Fais du toboggan… à la bascule, tu vas tomber !… mais ne monte pas tout seul à l’échelle, attends-moi ! »

Confrontons-le maintenant avec ce que nous, adultes, pouvons d’un bel élan venu tout droit du cœur, déclarer. A savoir : « Les enfants, oui, nous leur faisons confiance ! ».


N’y-a-t-il pas comme un décalage, une dissonance, voire une discordance ?

Familièrement dit, « il y a comme un souci ! »… et ce souci, c’est celui d’une confiance qui ne franchit pas les barrières des propos, qui ne se traduit pas dans les faits…

Maria Montessori (1913)

Bien évidemment, nous aurons tous en tête les propos de Maria Montessori, elle qui martelait : « N’aidez jamais un enfant à accomplir une tâche qu’il se sent capable d’accomplir tout seul »…

Bien évidemment nous savons qu’entre faire à la place de l’enfant et le laisser faire, il existe une grande différence…

Pour autant, acceptons-nous aussi facilement que cela de nous en tenir à la deuxième option ? Acceptons-nous par exemple que le résultat obtenu par le tout-petit et de lui-même ne soit pas aussi « réussi » que si nous y avions mis notre grain de sel ?

La confiance, à construire

La confiance, et telle en fait à la fois sa richesse et sa difficulté, ne naît pas de rien et n’apparaît pas plus magiquement.

Elle se construit dans le temps… ne se développant chez le tout-petit qu’à la condition qu’il en reçoive lui-même !

Mais pour qu’il fasse confiance, encore faut-il qu’il se sente en sécurité affective.

  • Feriez-vous confiance à quelqu’un qui ne serait pas fiable, sur qui vous ne pouvez pas compter ?
  • Feriez-vous confiance à quelqu’un qui ne sait pas vous écouter, vous respecter et vous considérer ?

Bien évidemment que non, et en cela, le bébé ne diffère pas de nous, sinon qu’il en a encore plus besoin ! Oui, ces interactions positives et respectueuses lui sont indispensables.

Et nos petits explorateurs du monde, compétents et capables d’attentes sur le monde, sauront bien cerner en la matière si nous manquons de cohésion… si nos actes, notre positionnement ne sont pas à ce rendez-vous de la confiance ! Et ne comptez pas sur la dite naïveté de l’enfant pour vous en sortir : il en va de votre crédibilité !

« Une éducatrice propose à Flora de mettre ses chaussures en promettant une sortie à la médiathèque ; la petite fille s’empresse à le faire avant de déclarer « allez, on va à la médiathèque maintenant ! » … ce à quoi la professionnelle lui répond : « Non, elle est fermée »… ».

Pensez-vous vraiment que Flora développera de la confiance ?

Mais faire confiance, c’est aussi être présent à l’enfant, pour lui, dans un non-jugement

  • Comment  l’encourager à faire de lui-même si chaque comportement, chaque action est jugée (même avec la meilleure intention du monde) ?
  • Comment le porter si nous le considérons sous la loupe de ses productions et non pour la personne qu’il est ?
  • Comment l’accepter véritablement si nous demeurons prisonniers des « il est trop ceci, pas assez cela, il devrait…etc. » ?
  • Comment le respecter si nous ne le considérons pas comme un être compétent ?

Bien évidemment que le tout-petit peut avoir besoin de nous pour faire parfois des choses, mais ce besoin doit être bien dosé, ajusté. C’est qu’il en va de sa liberté d’être et d’agir, de son autonomie !

Faire confiance alors, c’est considérer le bébé comme « capable » ; lui laisser l’opportunité d’essayer des choses, d’adopter son propre rythme, de choisir ses moments, ses espaces, ses moyens pour ce faire…

Faire confiance à l’enfant, c’est le laisser expérimenter car tel est ainsi que se déroule son aventure du monde…

Faire confiance au tout-petit, c’est être présent pour l’accompagner, non en lui tenant la main mais en le soutenant et en répondant à son désir d’être aidé, s’il y a demande…

Offrir une confiance authentique à l’enfant, c’est lui permettre de faire confiance à nous, adultes qui veillons sur lui, mais aussi de développer sa propre confiance en lui, dans la vie et, plus généralement, en l’autre.


« Aie confiance dans les tout-petits, et tu les aideras à vivre »…

Goethe

Un commentaire Ajouter un commentaire

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s