L’attachement dans le quotidien d’accueil : testé, expérimenté et approuvé !

Penseurs, acteurs de la petite enfance, bonjour !

Jusqu’à aujourd’hui, notre cheminement nous a permis d’explorer rapidement quelques pans théoriques quant à l’importance de la manière de porter un tout-petit au quotidien. Boris Cyrulnik comme Blaise Pierrehumbert nous ont ainsi invités à penser présence (juste présence !) et attachement comme autant de façons d’ouvrir le bébé au monde, à son environnement.

Mais au-delà de la théorie, comment faire en PRATIQUE ? Comment est-ce POSSIBLE ? Et CONCRÈTEMENT, l’attachement hors de la famille, comment cela peut-il se faire ? Quels en sont les enjeux et les résultats ?

Avec nous aujourd’hui sur ces questions, Barbara Ongari, professeure de psychologie du développement à l’Université de Trento (Italie), et chercheuse spécialisée sur l’enfant privé de famille, l’accueil préscolaire et l’attachement.

Les structures d’accueil du jeune enfant : un rôle dans l’attachement 

Ah ! La pratique, le nerf de la guerre ! Ce champ où parfois (voire souvent), notre désir d’accompagner au mieux les bébés, forts de tout ce que nous avons appris, se frotte à la réalité et aux contraintes du quotidien… à commencer par la collectivité.

Il y a nos idées, voire nos idéaux… et puis ce qu’il est possible de faire, de par le lieu, l’équipe avec laquelle on travaille, les bébés accueillis… et leurs parents. Tout cela rimant avec une pluralité et une diversité à faire frémir (de motivation bien entendu !).

Mais l’impossible n’est pas français… et apparemment pas plus italien puisque Barbara Ongari a œuvré avec ses collègues à penser, organiser des crèches s’inspirant directement de la théorie de l’attachement.

La question de l’attachement non pas « pour », mais « dans » les crèches nous confronte déjà à une profonde interrogation, moins simple qu’il n’y paraît : celle du rôle que nous leur attribuons. Lorsque les structures d’accueil n’étaient considérées que comme de simples lieux de garde, elles apparaissaient comme un support pour les parents travaillant. Mais avec le temps, cette approche s’est quelque peu complexifiée : des crèches pour les parents, nous sommes passés aux crèches pour les bébés.

Les études montrent en effet combien peut être riche le fait, pour un tout-petit, d’être accueilli hors de sa famille en termes de développement cognitif, émotionnel, langagier, social ; combien aussi le développement de structures d’accueil peut être profitable pour l’ensemble de la société … pour peu que la qualité des soins prodigués soient bien évidemment au rendez-vous.

Mais cela étant posé : comment faire ? Et puis, évoquant la qualité de ces lieux, quels critères utiliser ? Quelle approche privilégier ?

Différentes perspectives existent : nous avons par exemple la systémique, nous appelant à ne pas transposer les caractéristiques de la vie familiale (des liens privilégiés) afin de privilégier la socialisation des bébés. Une deuxième serait la perspective de la personne-clef qui, au contraire, va appeler aux interactions individualisées (maintes études en soulignant la portée quant au bien-être du tout-petit, sa confiance en lui, ses compétences relationnelles, langagières, émotionnelles, d’adaptation, etc.)

Mais pourquoi choisir ? Ne serait-il pas bien plus intéressant que d’intégrer ces démarches ? Après tout, elles sont loin d’être exclusives l’une de l’autre !

Des crèches expérimentales sur l’attachement

Quatre grandes orientations ont été mises à l’honneur pour l’organisation de deux structures (crèche universitaire et hospitalière) inspirées de l’attachement :

1) le ratio professionnel(le)s-bébé. Point besoin d’un trop grand nombre d’adultes 

2) une réflexion toute particulière du « premier » accueil

3) la mise en place de relations fortement individualisées avec chaque tout-petit 

4) la création quotidienne d’un partenariat avec les parents, considérés comme une ressource fondamentale

Mais ces critères ne disent pas tout ! Car le bien-être et la sécurité émotionnelle des bébés vont de pair avec d’autres dimensions qui doivent être autant sujets d’attention :  

  • le bien-être des adultes (de leur style d’attachement propre aux possibilités de se sentir bien dans la crèche) 
  • les représentations de chaque professionnel(le) concernant chaque bébé 
  • les critères d’organisation de l’espace 
  • les modalités d’exploration et de jeu des tout-petits

Opérons maintenant un saut spatio-temporel pour dévoiler quelques « résultats » de ces expérimentations.

1) une adaptation sociale plus importante chez les bébés

2) davantage de jeux coopératifs, d’exploration commune

3) une meilleure adaptation émotionnelle

Ce qui est aussi apparu est l’importance de la syntonie (très très familièrement : être sur la même longueur d’ondes !) des professionnel(les) avec chaque bébé mais aussi avec le vécu de chaque parent. Oui, oui, les parents aussi !

Dès lors que l’on souhaite faire pleinement entrer dans les crèches l’attachement, deux grandes dimensions apparaissent clefs : la flexibilité (par rapport au besoin des familles) … tout en conservant continuité et stabilité dans nos propositions de soins empathiques et sensibles aux bébés…


Des questions ?

Vous avez des questions bien précises sur l’attachement dans votre structure ? Des choses vous titillent ? N’hésitez pas à nous faire part de vos interrogations en commentaires.

Barbara Ongari vous répondra le mardi 5 mars sur notre chaîne YouTube !


Et si vous souhaitez en savoir plus…  Ongari, B. L’attachement en crèche. In Cyrulnik, B. (dir.) (2015) L’amour pour bien grandir. Savigny-sur-Orge : Éditions Philippe Duval.

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